Transju'Trail 2009, de Morez à Lamoura

Par Vincent Lauvergne

Dimanche 7 juin, 2h00 du matin, les yeux à peine bien ouvert, direction la fenêtre de la chambre. Dans l'immédiat la pluie s'est arrêté, une bonne douche pour se réveiller, et place au petit déjeuner de fortune.

Un sandwich au poulet et du jus d'orange. Pas très catholique mais très improvisé avec les courses de la veille. On monte dans la voiture direction Lamoura pour attraper le bus qui nous conduit au départ.

Hélas, je n'arriva jamais à trouver l'air de départ du bus. Alors légèrement énervé, je fis demi-tour direction Mouthe et là, à la sortie de Morez, je me retrouva derrière le bus que j'aurais dû prendre.

La veille, je vis que Daniel Chambin était lui aussi de la partie, alors je me dis que je vais faire la ballade en sa compagnie mais je ne le trouva pas au départ, je croisa Daniel Mazeau de l'AC Talant qui fut contraint d'abandonner à Morez.

Dernière plaisanterie avant le départ autour d'un café, je n'ai guère l'esprit tranquille, certes je suis au départ de l'épreuve, mais comment revenir à la voiture après la course.

5H30: Coups de pistolet et c'est partie. Nous quittâmes Mouthe empruntant la route de Chaux-Neuve puis au bout de 800m, premier embouteillage, nous empruntons un petit sentier de manière à monter sur les hauteurs de Chaux-Neuve avant de plonger sur le tremplin de saut, que nous avons eu la chance de voir de très prêt puisque nous en avons gravit toutes les marches (photo dans l'album).

Légère descente avant de se diriger vers le pré poncet, à peine 10km et je suis dans le tiercé de fin de course, après tout j'ai 4h00 pour atteindre Belfontaine, donc pas de panique.

Petit faux-plat pour regagner Chapelle des bois, pas de photos intéressantes à prendre pour l'instant.

Virage à gauche et c'est partie pour la seconde ascencion Roche Champion, symbolisé par une croix d'une dizaine de mètre visible depuis le bas, prise de vue sur le Lac de Belfontaine et on pose devant cette croix pour la postérité.

Passage à flan de crête jusqu'à Roche Bernard, sentier de contrebande entre la Suisse et la France, hélas je n'ai pas croisé de douaniers, j'ai bien pris la borne marquant la frontière mais le temps l'a rend invisible.

Descente sur Belfontaine, 9h05, tout va bien, j'ai 25mn d'avance sur la barrière horaire.

Petite escapade vers les trois commères que je ne vis d'ailleurs pas mais je prie une bonne part de Morbier et de pain d'épice.

11h45: Et c'est reparti, après une brève discusion avec les bénévoles de Morez. On repars avec le sourire, après 2 grands verres de café afin de chasser la fatigue.

On garde le moral, toujours 30" d'avnce sur la barrière horaire, donc tous va bien.

Je regrette juste un instant le manque d'engouement de la part des moréziens, mais il est vrai que le temps ne s'y prête pas. (Cependant les marseillais avaient pourtant braver les mêmes affres du climat).

Petit tour dans le centre ville de Morez et virage à gauche pour attaquer la dernière grosse difficulté du parcours entre Morez et les Rousses, j'entâmes confiant cette dernière grimpette et je pense que Christophe ne doit pas être loin d'arriver sur le final. J'espère que tout va bien pour lui.

Je poursuis mon rythme et garde un bon tempo, je ne suis pas là pour puisser dans mes réserves, seulement arriver au bout pour gagner mes 2 points pour l'inscription en 2010 à l'UTMB.

J'ai aussi une petite pensé pour le père de Kevin qui s'était bien préparé pour cette aventure.

Légère descente sur les Rousses, ou je passe devant l'hôtel ou j'ai passé la nuit, conscient de ma petite avance, je vais remercier les tenanciers pour leur services et en profite mal grès le froid et la pluie pour descendre une petite mousse.

14H00: Puis descente jusqu'au ravitaillement ou je retrouve un ami traileur de l'ASVBD Jogging, on rigole un peu et on repars. Petit faux plat pour rejoindre le fort des Rousses (48ème km) dernière photos prise ce jour. Je traverse le fort et je poursuis sur le sentier blanc et là grosse erreur de ma part, je viens de manquer une bifurcation, le temps de m'en rendre compte et de faire demi-tour. Je viens de perdre 30" en 5 km bien inutile.

J'accélère l'allure dans la descente en prenant quelques risques pour je maintiens une vive allure dans la montée vers Prémanon, dernière barrière horaire fixée à 15h00. En bas de la descente, j'apperçois une flèche, Prémanon 45", je regarde ma montre,14h25. En mon fort, j'accélère, ce serait bien embêtant d'arrêter pour une erreur de parcours à 16 km du but.

Je donne tout ce que j'ai et finalement j'arrive au dernier ravitaillement avec seulement 5" d'avance, et là, croyant bien m'effondrer, je récupère mon souffle tout en mangeant, saucisse de Morteau, conté, chocolat et en buvant largement pour faire passer tout ça.

Et je repars fatigué mais beaucoups plus avec mes compagnons de fortune, 2 vétérans 3 à qui je tiens beaucoups de respect pour m'avoir été soutenue sur ce dernier tronçon de 16 km, et là sur le haut du bois de la Sambine, l'orage se met à gronder, nous hâtons le pas mais bientôt la grêle se met à tomber.

On recherche un abri de fortune sous les quelques sapins éclaircis, on tire vite du sac le coupe vent, et quand l'averse se calme. On repart, encore bien 10" de perdu mais l'important, c'est de ralier l'arrivée sans blessure. Et puis, je me suis engagé dans le relais Marathon des hautes côtes.

Je redouble de prudence dans la descente vers la Boudu que la dernière averse rendi encore un peu plus glissante et boueusse. J'ai bien failli y laisser une chaussure dans l'affaire, (tiens, un souvenir de cross)...

Enfin dans le loitain, j'apperçois le lac ou est située l'arrivée, les jambes sont de plus en plus lourdes, mais la fin et la faim est proche.

Malheureusement, nous n'avons pas eu droit au repas d'après course, jeté comme des mals propres, par le restaurant chargé de nous acceuillir. c'est vrai que l'on n'était pas des plus propres mais tout de même. Nous en avons autant bavé que les autres. Mais bon cela reste une mauvaise anecdote, et je me plonge vers mes nouveaux objectifs, le Marathon Relais de Nuits St-Georges, les foulées de Suresne, le Marathon du Mont Blanc, les 100 km du Morvan et la Merell Sky Race (de Serre-Chevalier, NDLR).

Descente sur la piscine de Morbier sous une pluie glacée, avant de gravir le Bois des crottes et de descendre sur Morez avant d'attaquer la nouveauté du cru 2009, la Roche au Dade (200m de dénivelé + en 1km, je vous laisse faire le pourcentage.)