Chrsitian Cotelle nous raconte son 1er Marathon

Le vendredi précédent la course nous allons chercher nos dossards au Palais des Congrès de Rome, là on nous a filé des sacs, des revues, des tee-shirts aussi et puis des trucs miracles à manger pour battre les Kenyans. Puis, appâté par le nom du truc, j’ai tenté The Power of Pistachos. Ma déception est de taille lorsque

j e m’aperçois que finalement, ce ne sont que des pistaches banales. J’espère néanmoins que le

pouvoir des pistaches saura me transcender lorsque le 30e kilomètre arrivera.

Pendant mes 10 semaines de préparation, j’ai eu beaucoup d’'interrogations. Et c’'est ce que j’avais à

l'’esprit en me levant ce dimanche matin, la peur de ne pas avoir fait tout ça pour rien.

6h00. La TV de ma chambre d’hôtel s’allume toute seule…. comme si elle me disait « allez mon gars

faut y aller, à toi de jouer ! ». Un dimanche quand même, mais c’est pour la bonne cause. Une douche

et j’enfile immédiatement ma tenue de course.

6h30. Je descends en short et running au resto de l’hôtel, et là, surprise il y a de nombreux clients en

survêtement. J’ai pensé « Ce n’est pas une tenue, pas très classe, on est à Rome quand même ». Il y

a aussi 4 énergumènes irlandais qui dégringolent une BIRRA MORRETTI en guise de petit déjeuner,

à mon avis ils rentrent du match de rugby Italie-Irlande de la veille (Tournoi des six nations).

8h00 : Je rejoins les copains à l’hôtel voisin afin de se diriger vers le départ qui sera donné à 9h30.

Dans les rues il n’y a que des coureurs, on les reconnaît facilement ils ont tous le sac à dos ASICS donné

par l'’organisation, tous convergent vers le Colisée.

8h30 : Après s’être délesté de nos tenues d’attente et de nos sacs nous rejoignons les sas de départ,

là nous sommes triés par couleur de dossard tels les moutons allant à la tonte, « a Giusto » « a sinistra »

14183 coureurs ce n’est pas simple à gérer, mais l’organisation est top.

9h00 : Je me retrouve dans le sas des dossards verts, c’est un sas bien situé derrière les élites et second sas

à partir. Je discute avec un Français qui en est à son 50ème marathon (il a 60 ans), c’est son 9ème Maratona di

Roma, respect, me suis pris en photo avec lui. Il m’'évoque de suite le « mur psychologique du 30e km et me

donne quelques conseils sur le parcours. « Attention aux pavés ! » me dit-il, je comprendrai bien plus tard

pourquoi il me dit cela. Sur ma droite une jolie brune Italienne me sourit et me parle « non capisco » je lui

réponds, dommage !

9h30 : Je prends conscience de l'’ampleur du truc pour rallier l'arrivée, il faudra faire 42,195 kilomètres. C’est

con à dire, mais 42km, ça sonnait jusqu'ici juste « marathon ». Là, je réalise qu’il faudra passer par le 8e,

le 22e, le 30e et aussi les autres. Je refais pour la énième fois mes lacets, la sono crache ses décibels,

l’'excitation est au max, en franchissant la ligne de départ, j’ai des frissons partout. « Bonne course », me lance

ma jolie brune. « Grazie », lui réponds-je, poli mais fébrile.

Km 1 : C’était rapide… Je ne l’ai pas vu passer. Je pars sur les bases de 4h00, en me disant que si ça se

trouve, ça peut passer.

Km 10 : Viennent alors les premiers calculs : il ne me reste que trois fois ça à faire… pas trop fort en maths

mais là j’en suis sûr.

Km 20 : Mon GPS m’indique toujours une moyenne de 10,50 km/heure, je me dis que si ça pouvait le faire

jusqu’'au bout je terminerais en 4h00 environ, ce qui serait un exploit.

Km 21.100 : Le semi-marathon franchi en 02h01 je me prends à rêver, de plus aucune douleur ne vient

perturber mon enthousiasme..

Km 30 : Je les franchis en 02h59mn, là je doute un peu beaucoup, mais je m’'accroche,

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Km 35 : Boudiou c’que ça devient dur ! Je réalise que les 4h ne sont plus qu'’un rêve et me concentre sur mon

objectif initial de 4h15mn. Les meneurs d'’allure s’éloignent, cette fois ci je ne parle plus avec les coureurs qui

me dépassent, mes cuisses sont devenues extrêmement dures et même douloureuses mais encore

supportable. Maintenant, chaque encouragement de la foule est important, les « Vai Vai Christian » des

gamins font plaisir (nous avons des dossards avec le drapeau national et notre prénom inscrit dessus).

Il va falloir tenir, je sais qu’il me reste 7 km, ce qui est à mes yeux énorme.

Km 40 : Je ne sais pas ce qui passe, certainement l'’arrivée proche mais je me sens super bien, la banane !

Oublié les douleurs, les gels énergétiques et antioxydants pris durant la course sont-ils si efficaces ?

J’accélère mon allure et me mets à doubler, doubler des coureurs par dizaine, certains sont en piteux états,

ils vomissent, d’autres s'’étirent, la plupart marchent, ça ressemble un peu à la cour des miracles, tout ça …

et moi je courre, je courre, je me la pète...!! et je les dépasse. Et « Paf ! » la gamelle à 400 mètres de l’arrivée.

Je me remets à penser aux conseils de mon sexagénaire de marathonien « Attention aux pavés ! »

A ce niveau de la course le cerveau se met en mode veille et on ne réfléchi plus, la foulée est rasante et les

pavées romains trop haut….Je morfle, heureusement ce ne sont que les mains qui ont touchés le sol pour

m'amortir, mais j’ai mal partout, je me relève tout penaud comme si je voulais que personne ne m’ait vu.

Km 42.195: Pour ceux qui ne le savait pas c'est l'arrivée. Je termine tranquille et heureux cette expérience

unique que je renouvellerai peut-être en 2014 sous d'autres cieux.

Merci à tous mes copains, copines, amis, ma famille, mes collègues, qui m’ont encouragé, j’ai bien pensé

à vous durant ces 4h15mn… !!