Retour sur les Templiers 2013 par Matthieu Tharion 1/2

L e grand Trail des Templiers 2013 : C’est un le rendez-vous incontournable de ma saison de trail, la clôture d’une belle saison durant laquelle j’ai acquis une belle expérience pour mes objectifs à venir…

Les Templiers c’est aussi le plus vieux festival français réunissant le gratin national de la discipline mais aussi beaucoup d’amateurs et de passionnés de course en montagne venus se surpasser le temps d’un run pas comme les autres . Pas moins de 9 formats de course étaient proposés sur le week-end.

Dimanche matin, 3h j’ai les yeux grands ouverts dans mon lit. C’est y est enfin, ce moment tant attendu. Les ravitos sont calés avec mon staff, tout est au point. Dehors il fait très doux et cela me permet de prendre le départ en cuissard/débardeur (pas comme l’année dernière avec -5 degrés). Je rejoins la ligne de départ, j’ai accès au SAS N°2 juste derrière les élites grâce à ma perf de l’année précédente.

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Cela me permettra de ne pas être trop coincé à la « queuleuleu » sur les singles du larzac. 5h15, le fameux Ameno d’ERA retentit au milieu de la nuit et des 2468 frontales, frissons garantis ! Les fauves sont lâchés. La première difficulté arrive dès le 3ème km avec la grosse ascension de Carbassas longue de 2km ou nous prenons 500m de dénivelé positif.

Les bâtons sont interdits jusqu’au 1er ravito du 22ème km pour éviter les blessures entre nous car le peloton est très dense, donc c’est pour tout le monde pareil, les mains sur les cuisses et on pousse dans cette côte a plus de 20% par endroit ! Arrivé sur le larzac, c’est un sympathique chemin forestier recouvert d’aiguilles de pins sur lequel nous progressons pendant 10km au milieu de la nuit. J’essaye de me stabiliser à une allure de 10/11 km/h. Nous redescendons sur le village de Peyreleau pour le 1er ravito situé au 22ème km, le jour se lève.

Ma chérie m’attend en amont de celui-ci pour me donner mes bâtons, je lui redonne ma frontale. Je ne reste pas plus de 3min le temps de boire un thé chaud et d’avaler une pâte de fruit. J’ai 20min d’avance sur mon temps de passage de l’année dernière et je passe en 636ème position sur 2453. S’en suit une 2ème grosse ascension de 2,5km en monotrace ou nous prenons de nouveau 500m de dénivelé. 30min plus tard, au sommet, nous sommes sur le plateau des grands causses et progressons dans un cadre magnifique. Le parcours est très varié et tout en relance comme j’aime.

Pas le temps de s’ennuyer. Nous sommes au 30ème km les jambes sont là, j’ai trouvé mon allure de croisière. Arrive le second ravitaillement à Saint André de Vézines au 33ème km. Je me ravitaille rapidement avec quelques morceaux de bananes et une soupe chaude et repart rapidement pour ne pas casser mes jambes. Je progresse au classement et repars en 549ème position avec 36 minutes d’avance sur mon chrono 2012.

Dans la précipitation j’oublie de remplir mon camelback qui était presque vide. Je m’en aperçois quelques kilomètres plus loin… Je calcule la distance qui me sépare du prochain ravitaillement, 14km. Il va falloir gérer avec environ 500ml. Les montées sont usantes car le % des pentes est très violent. J’essaye de ne pas trop laisser d’énergie sur les parties roulantes. Ma remontée au classement est constante, je reprends pas mal de monde petit à petit mais paye cash ma sous hydratation et arrive au R3 à Pierrefiche en 491ème position et 45min d’avance sur 2012 avec le besoin de me poser et m’alimenter en conséquence.

Je mange une dizaine de tartine de vache qui rit et descends 5 verres de coca. C’est là que la course commence, il reste 27km et la plus grosse partie du dénivelé. J’ai l’avantage de la connaissance du parcours. Je repars 10min plus tard le ventre plein, avec le moral mais les jambes toujours absentes. Quittant le ravito en marche active je me fais dépasser par une dizaine de coureurs. J’espère que mon passage à vide sera bref… Et enfin, 2km plus loin l’allure augmente enfin. L’énergie revient. Je reprends les coureurs qui venaient de me dépasser.

Mon staff de choc n’ayant pu accéder au R3 du 46ème km à cause d’agents de sécurité à l’ouest, je reçois les consignes par SMS. « On t’attend au pont de Massebieau » qui est un point stratégique de la course permettant un ravitaillement sauvage (km 61) avant la terrible montée à la ferme du Cade, plus grosse difficulté du parcours. Très à l’aise dans les portions descendantes et sachant que la boucle est en bonne voie pour être bouclée, je lâche les chevaux et me fais plaisir.