Mon New York City Marathon

Compte rendu de Christian sur son New York City Marathon

You never run alone !

  • 4h30: Je mets fin à une nuit agitée que même la saison intégrale de « l'Inspecteur Derrick" ne m'aurait pas assommé. C'est le jour J "Get up, stand up, don't give up the fight" je suis gonflé à bloc, alors go !
  • 5h00 : Après avoir avalé le petit déjeuner je fais un dernier check de mes affaires : dossard, gels énergétiques, vêtements chauds, la liste est longue …
  • 6h00: Trajet en bus jusqu'à Fort Wadsworth en dessous du Verrazano Bridge où se situe les zones d’attente mais aussi le départ en vagues (1 à 3) et sas (de A à F)
  • 7h00: Attente qui va être longue et pénible car la vague 3 est prévue à 10h30mn et il fait froid avec du vent, le soleil peine à percer. Chaque marathonien est emmitouflé dans de vieux vêtements en sirotant des boissons chaudes…. L’émotion est présente, pour beaucoup, se retrouver au départ de ce marathon est un rêve.

10h30: Je rejoins le sas de départ, et à part quelques regards concentrés ou inquiets tout le monde s’encourage, l'hymne national sera inaudible par contre...BOUM !!

Le son du canon annonçant le start l'est bien. Et c'est avec "New York, New York !!" de F.SINATRA que je passe la ligne, maintenant faut aller au charbon, la tête haute et le torse bombé. Que la force soit avec moi ! Le départ en montée sur le Pont Verrazano (3.2 km) est un grand moment et déjà un test, de fortes rafales de vent pleine face freine considérablement mon petit gabarit.

Commence alors la descente et la traversée des différents boroughs et des ponts qui les séparent. Ces ponts sont la principale difficulté de ce marathon car il cassent le rythme et entament les cuisses. Je ne vais pas raconter mon marathon km par km mais faire part de moments sympas qui me restent en tête. Les animations musicales font partie de la course et toutes les musiques ont leur place: Rock à Brooklyn, jazz à Harlem, rap dans le Bronx, le quartier juif de Brooklyn est quant à lui totalement désert, surprenant !

Je m'arrête plusieurs fois pour immortaliser ces moments. Ensuite il y a les rencontres avec d'autres coureurs, des petits mots échangés, des sourires. J'ai parcouru environ 10km en compagnie d'un français qui courait son 1er marathon et qui bien sûr n'avait aucun repère, alors avec ma toute petite expérience j'ai pu lui donner une ou deux astuces puis il m'a laissé tomber ....

Le vrai plus du marathon de New York, c'est l'ambiance: tous les New Yorkais sont dehors pour encourager et ça fait du bruit, beaucoup de bruit. On tape dans les mains des enfants, on réclame des encouragements plus forts et ça réagit au quart de tour."Go Runner" "Go La France"" Good job";

Les seuls moments de silence sont les ponts car le public n'y est pas admis.

12h30: Je passe le semi-marathon en 1h59, pas mal pour atteindre mon objectif de 4h, de plus le soleil vient réchauffer le parcours. L'arrivée dans Manhattan est un moment intense de la course, le public est massé sur plusieurs rangées.

Km 30: Ouhh !! mes jambes deviennent subitement lourdes. A ce moment je ressens une forte émotion, j'ai devant moi THE SPECTACLE des dizaines de milliers de personnes entassées à hurler "Alley la Frawnce", "GoGoGo !! Franwce !" qui fusent de toute part, envahis de larmes je ne comprends pas ce qui m'arrive.

C'est très difficile de raconter ce qui se passe à cet instant tant le spectacle est surréaliste. Mais je sais à ce moment là que je vais finir. Je ne me mets pas dans ma bulle comme je le fais habituellement, bien au contraire je profites de tout, la beauté de New York sous le soleil, l'ambiance indescriptible et je l'avoue, quelques jolies filles....

Km 38: on entre dans Central Park. c'est LE moment magique de ce marathon car il s'agit du final et là une autre course commence. 4km à terminer dans ce parc magnifique, le public est en transe...et moi pas du tout tant j'ai mal aux pattes. Tellement le public pousse je finis en serrant les dents et je garde un sourire pour la photo finish.

14h39: Je passe la ligne d'arrivée alors que la sono crache " Sweet Home Alabama" un de mes morceaux préféré de Lynyrd Skynyrd, alors j'ai pris ça pour moi et je me suis dit "Ces Ricains sont trop forts !".

Les organisateurs n'ayant pas prévu de maillot pour les finishers mais un poncho bleu apprécié de tous les coureurs qui commencent à se refroidir. Les rues de New York sont ainsi envahies progressivement de petits hommes bleus. C'est vraiment très drôle à voir.

Pour la petite histoire je termine avec 9 petites minutes de plus que mon objectif avoué de 4h00 et je bats mon propre record sur cette distance de plus de 6mn. Fatigué mais HEUREUX !!!